Mon Papa

Mon Papa (je n’écris pas cher, tu sais pourquoi),

 

Ce soir je n’ai pas dormi à la maison, mais je ne sais même pas si tu t’en es aperçu. Pour toi je  ne suis que la « fille de réserve », n’est-ce pas? Je ne fais jamais ce que tu voudrais. Tu voudrais une fille avec 18/20 à l’école…  tu voudrais une fille qui ne fasse pas de compétitions… tu voudrais beaucoup de choses chez moi. Mais tu n’as jamais compris que je suis différente de toi. Tu n’as jamais voulu le comprendre.

Combien de fois tu m’as dit que tu n’aimais pas mes amies? Et pourquoi? Seulement parce qu’elles n’avaient pas 18 de moyenne  dans leur  bulletin trimestriel, ou parce qu’elles préféraient sortir avec  leur petit ami.  Tu es égoïste: tu veux seulement les justes amitiés, les justes personnes, les choses justes… mais justes pour qui? Seulement pour toi!  Pour toi , je suis encore la petite enfant qui ne sait pas ce qu’elle doit faire. Réveille-toi! J’ai 18 ans Papa! Tu as choisi ma vie: tu as décidé l’école juste, le sport juste, le loisir juste… même si je ne voulais pas. Tu te le rappelles ce jour-là? J’étais en pleurs dans la voiture, je faisais de la danse classique, mais toi non, tu ne le voulais pas, je devais faire du volley-ball. Avec le temps, j’ai commencé  à aimer ça, et je me suis améliorée. Et donc j’ai commencé les matchs. Mais alors le volley-ball s’était transformé, et je ne devais plus le pratiquer. Mais j’aimais ça ; aujourd’hui  encore.

Puis l’école. J’avais 13 ans, et j’adorais la peinture, je vivais pour dessiner. Mon professeur de dessin m’avait dit que j’étais plus compliquée que Van Gogh. Je me rappelle tous mes profs qui te disaient que la section artistique était le choix le  meilleur. Mais non, ce n’était pas vrai. Et voilà, je suis là! Quand j’étais au collège, je t’ai prié plusieurs fois de changer d’orientation, mais pour toi, ce n’était pas possible. À la fin, en seconde tu es arrivé dans ma chambre en  disant : « si tu veux, tu peux changer de section. » J’ai bien entendu? Après  3 ans, tu me dis que je peux changer? Mon Dieu…en seconde tu as compris que ce n’était pas l’école pour moi? Ta réponse fut : « C’était une expérience, je voulais voir comment tu t’en sortirais… » Mais, c’est ma vie, les expériences  fais- les dans la tienne!

Et maintenant, tu te plains de mes résultats à l’école, que vous n’avez pas de soirées de libres, que vous devez m’emmener aux matchs… ET QUE C’EST DE MA FAUTE! En plus, vous savez que j’adore les motos, mais quand je vous dis que je veux  en acheter une, vos réponses sont : avec quel argent? Comment tu t’en occuperas? Où tu penses  la garder? Même si c’est une solution pour vous, pour avoir plus de liberté. Mais non, je suis encore l’enfant…

Dans deux mois, j’aurai 18 ans. Je pourrai faire tout ce que vous ne voulez pas: un tatou, un piercing, je peux travailler, je peux aller où je veux et quand je veux, je peux retourner après 23 heures comme les amies de ma sœur qui ont 14 ans…

Le monde tourne seulement   autour des personnes qui le méritent: les personnes qui n’ont pas de vie sociale, qui passent toute la journée sur les livres, qui vivent pour obtenir de bonnes notes. Des personnes comme toi.

Tu ne me comprendras jamais.

Valérie

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